Quand votre cerveau entre en mode création, il se passe de drôles de phénomènes. Vous êtes subitement sensible à des tas de choses qui semblent en rapport avec le sujet de la création. Votre attention est attirée en permanence, comme aimantée par tout ce qui concerne votre préoccupation du moment. Ce qui vous paraitrait banal en temps normal, devient tout à coup très intéressant.
Exemple. Lecture du journal Le Soir, aujourd'hui. 2 articles.
Tout d'abord la Chronique de Jean-Paul Marthoz. Il parle de démocratie, de liberté d'expression, d'objection de pensée... Il cite le philosophe Albert Memmi : "... (il s'agit de célébrer) celui qui sans méconnaître ce qu'il doit au groupe, ne le suivra jamais dans ses hurlements unanimes, car il essaie tout simplement d'être un homme libre."
Je ne connais pas Albert Memmi. J'aimerais découvrir ce qu'il a dit et écrit. Mais bon, on dit ça sur le moment, sincèrement, et puis la bulle se dégonfle comme une résolution de la nouvelle année...
Ensuite, une interview de Mario Renato Capecchi, prix Nobel de médecine 2007. Il parle de son travail, il parle de science, mais je ne peux m'empêcher de faire (modestement, vous me connaissez) un paralèlle avec la création artistique. "... C'est un luxe bienfaiteur de pouvoir prendre son temps pour ne pas devoir rendre des résultats en permanence. Et de choisir individuellement son sujet et le temps nécessaire pour arriver à le traiter. Pour moi, peu importe que cela prenne vingt ans. ou que je n'en sache pas la fin."